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Connaissez-vous le port de Yantian?

Poumon industriel et logistique de la planète, la Chine est devenue le centre névralgique de tout le commerce international. Attractif et accueillant pour le business, le pays est vite devenu la coqueluche des industriels désireux de réduire leurs coûts de production et de main d'œuvre. Le pays s’est ainsi développé à vitesse grand V, à tel point que toute la supply chain s’est peu à peu centrée autour de la zone pour créer les rouages logistiques que l’on connaît aujourd’hui.

Si la domination économique chinoise était globalement acceptée par l’ensemble des opérateurs économiques, la crise sanitaire de 2020 a remis à plat les stratégies industrielles, rappelant à de nombreuses firmes que mettre tous les oeufs dans le même panier n’était pas un acte de gestion sain, un blocus pouvant à tout moment se produire en cas de conflit géopolitique ou sanitaire comme nous sommes encore en train de le connaître.

Le développement fulgurant de l’Empire du Milieu a généré la création de gigantesques infrastructures pour accompagner la très forte demande qui alimente quotidiennement les milliers d'usines du pays. Parmi ces structures, il y en a une qui se démarque des autres, c’est le port de Shenzhen.


Une infrastructure gigantesque pour des besoins gigantesques

Ce port est l’un de ceux qui disposent de la plus forte croissance en Chine orientale. 3ème port du pays après Shanghai et Ningbo, situé à quelques encablures de Hong Kong, il constitue la plateforme logistique et commerciale de toute la péninsule Hongkongaise. Le site se divise en plusieurs zones disséminées le long de la ville de Shenzhen, sur une longueur de 260 km de côtes.

Le port est réparti en 10 zones différentes que sont Da Chan Bay, Shekou, Chiwan, Mawan, Yantian, Dongjiao Tou, Fuyong, Xiadong, Shayuchong et Neihe. On compte actuellement une quarantaine de compagnies officiant sur le port pour 130 routes internationales différentes, avec une moyenne de 560 navires par mois, sans compter le trafic local des feeders reliant certains ports Chinois entre eux.

Pour accueillir tous ces navires et leurs marchandises, on compte 51 postes d'amarrage pour les navires de plus de 10 000 tonnes de marchandise et 90 autres postes opérationnels dont 18 postes à containers et 18 postes pour le fret passager.

Malgré un ralentissement dû à la crise sanitaire de 2020, le port reste néanmoins très actif et envisage d’ajouter encore une vingtaine de ports dans la zone afin d’améliorer et surtout de fluidifier les échanges de marchandises mais aussi de passagers toujours plus nombreux.


Un port maritime crucial pour la supply chain

Bien que l’activité ait repris, la crise sanitaire de 2020 a néanmoins eu de graves conséquences en termes de logistique mondiale. Si les yeux du monde étaient rivés sur le canal de Suez et sa congestion due au M/V EVER GIVEN, la fermeture pendant 2 semaines en juin du port Yantian est passée quasiment inaperçue dans les médias et donc aux yeux du grand public. Pourtant, cette fermeture des activités portuaires a eu un impact bien plus catastrophique que celle du canal de Suez. Mais étant moins “sensationnelle” les médias n’en ont pas fait leurs choux gras.

Ce blocage du port de Yantian, dû à la présence d’un cluster de COVID-19 chez les ouvriers du port, a entraîné une congestion portuaire très importante avec plus de 70 navires à l’ancre et attendant désespérément d’être enfin pris en charge. Qui dit congestion, dit forcément chamboulement des schedules des navires. Et ce sont près de 300 cargos qui ont dû annuler leur trajet ou leur escale. La fermeture a entraîné un manque à gagner pour le port de près de 357 000 EVP, plus que le canal de Suez estimé à 330 000 EVP.

La fermeture du terminal a donc provoqué une redirection des flux qui s’est soldée par d’autres congestions ailleurs par effet domino, le problème ayant simplement été déplacé géographiquement. Le port de Yantian à lui seul représente 20% des exportations vers les Etats-Unis et près de 10% des volumes d’exportation de la Chine vers l’étranger, tous pays confondus. Le port de Yantian a traité, en 2020, un volume record de 13.348 millions d’EVP sur un total de 26.548 millions d’EVP traitées sur toute la zone de Shenzen, autrement dit près de la moitié des volumes de l’immense infrastructure portuaire asiatique. Combinez cette congestion spectaculaire avec une hausse tarifaire sans précédent et vous obtenez une supply chain mondiale à genoux, subissant des tarifs délirants qui poussent les chargeurs à opter pour des solutions alternatives, que ce soit par voie maritime, routière, ferroviaire, aérienne… Certains chargeurs vont même affréter leurs propres navires pour remplir leurs rayons vides.



L’exemple du contexte sanitaire est parfait pour illustrer l’importance qu’a le port de Shenzhen sur la supply chain mondiale. On peut constater qu’un simple grain de sable dans une infrastructure aussi énorme soit-elle a des conséquences désastreuses aux répercussions multiples sur l’ensemble de l’économie mondiale. Ceci démontre, une fois de plus, la dépendance des chargeurs vis-à-vis de la Chine. Mais aussi, par corollaire, cette situation met le projecteur sur la domination chinoise sur un monde aux imbrications économiques géo-centrées. Aujourd’hui, malgré le contexte sanitaire, le port travaille encore à sa propre croissance et estime que les pertes liées à cette crise seront rattrapées à court terme par l’augmentation des volumes de l’après COVID-19. Nous donnant ainsi l’occasion de constater que la modification des stratégies économiques à moyen terme n’est pas réellement dans toutes les têtes !

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