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Le premier cargo éolien a mis les voiles

Alors que les principaux armateurs poursuivent une course effrénée à celui qui aura le plus gros bateau, d’autres en revanche tentent d’innover de la meilleure des façons pour répondre aux enjeux climatiques. Si bon nombre de nouveaux navires naviguent désormais au GNL (Gaz Naturel Liquéfié), celui-ci, bien qu’étant considéré comme propre, reste malgré tout une énergie fossile dont la production nécessite la consommation d’énergies fossiles...

Il existe pourtant une source d’énergie, utilisée depuis les débuts de la navigation, et qui n’avait pas encore été exploitée par les navires de marchandises contemporains : le vent ! Et bien c’est désormais chose faite avec le Pyxis Océan, un navire cargo à propulsion éolienne, le premier au monde et dont les premiers essais font état d’une réduction de près de 30% de carburant, un record !

Le navire garde une propulsion moteur, mais il alterne avec le vent grâce à ses immenses voiles de 37,5m de haut qui lui ont permis récemment d’atteindre 5,5 nœuds en mer (10km/h).

Malgré un couplage moteur encore présent, le navire tient ses promesses et un second devrait suivre, le Newcastlemax, toujours affrété par le géant de l’agroalimentaire Cargill.

La réduction de l’empreinte carbone est devenue un enjeu crucial pour la supply chain et notamment pour les armateurs. On estime, d’après le rapport du GIEC de 2022, que le trafic maritime représente 16% des émissions du transport, un chiffre destiné à baisser et ce, grâce à de nombreuses innovations et idées mises en place chaque année au niveau des navires et des infrastructures portuaires.

Nous évoquions au début de cet article le GNL, c’est devenu aujourd’hui la norme pour tous les nouveaux navires, y compris les navires de croisière, eux aussi toujours de plus en plus gros. Mais naviguer avec un carburant plus vert n’est pas la seule solution pour voguer avec une empreinte carbone plus faible.Des armateurs tels que CMA CGM ont fait le choix de ralentir les vitesses de navigation et d’éviter certains axes, comme la Route du Nord, pourtant très plébiscitée par la Russie pour contrer les axes plus au sud.

Enfin, sur les ports, de nombreuses machines et terminaux sont désormais automatisés et sont alimentés à l’électricité et plus avec des énergies fossiles (si tant est que l’électricité elle-même est produite à partir de renouvelables !). De même, les ports s’équipent de plus en plus avec des systèmes d’alimentation électriques pour les navires à quai, évitant ainsi à ceux-ci de devoir laisser leurs moteurs en marche pour s’alimenter en énergie.

Si la course aux gros navires reste toujours de mise, les armateurs font également la course aux innovations afin de combiner à la fois une offre adaptée à une demande estimée de plus en plus forte (bien que les navires peinent à se remplir actuellement), et une transition carbone efficace jusqu’au point culminant qui serait une neutralité carbone totale du fret maritime...

Un projet qui peut sembler encore utopique, mais qui pourrait devenir réalité. Restera toutefois à trouver également des solutions aux autres types de pollutions engendrés par le trafic maritime que sont, par exemple, les containers perdus en mer ou encore la pollution sonore pour la faune marine.

En outre, nous assistons peut-être à un changement de paradigme dans les circuits de la mondialisation avec le raccourcissement des distances parcourues : la crise sanitaire de 2020 a permis à de nombreuses de sociétés de revoir leur mesure du risque de pénurie et ont entamé le rapprochement de leurs unités de production de leurs lieux de consommation et/ou la diversification de leurs sources d’approvisionnement.

Nous pourrions ainsi dans les années qui viennent voir nos marchandises parcourir des distances plus courtes avec des navires plus propres… et le retour de la marine à voile.


Crédit photo : Business Wire

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