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Départ du chantier du canal d'istanbul

A vous qui lisez nos publications avec assiduité, les goulets d’étranglement et les infrastructures telles que le canal de Panama ou encore le canal de Suez ne sont pas des sujets inconnus. A ce jour, de nombreux projets sont en discussion autour du globe pour faciliter un transport maritime qui gagne en volume un peu plus chaque année. Mais en réalité peu aboutissent.


La Turquie veut son propre canal

Pays qui fait régulièrement la une des journaux par rapport à ses relations internationales souvent sujettes à polémique, la Turquie bénéficie d’une histoire et d’une géographie qui en font un incontournable de la géopolitique et de l’économie mondiale. Situé en bordure de Méditerranée, de la Mer de Marmara et de la Mer Noire, le pays, en plus d’être à cheval entre l’Europe et l'Orient, est un point pivot de la supply chain pour atteindre une grande partie de l’Europe de l’Est par la mer.

Mais avec des volumes sans cesse croissants, le Bosphore, qui relie la Mer de Marmara à la Mer Noire, devient un goulet d’étranglement au bord de la saturation. Le problème n’est pas nouveau. Évoqué depuis le 14è siècle, ce n’est qu’en 2015 que le projet d’un canal est remis sur la table et approuvé par le dirigeant actuel, Recep Tayyip Erdogan.

Le détroit du Bosphore voit passer près de 56 000 navires chaque année, dont 10 000 sont des pétroliers. Avec un tel volume sur un point de passage étroit et sujet à de nombreux incidents, la création d’un canal devenait une solution parfaite pour le pays qui souhaite désengorger son détroit et minimiser ainsi les risques d’avaries et de pollutions.

Le canal se situerait sur la rive européenne d’Istanbul. Avec une longueur de 50 km, une largeur de 400 m et une profondeur de 25 m, l’infrastructure ainsi construite permettrait le passage d’environ 160 navires à gros tonnage chaque jour, soit plus de 58 000 navires par an. De quoi largement soulager le détroit du Bosphore !


Une première pierre de posée mais de fortes polémiques

Le projet, validé par le dirigeant turc, est soumis à de vives contestations, aussi bien dans le pays lui-même qu’à l’étranger. Bien que l’ouvrage et sa nécessité puissent être compris d’un point de vue pratique et structurel, le projet présente des enjeux politiques et écologiques qui provoquent de vives polémiques.

Du point de vue écologique, une telle infrastructure risquerait de bouleverser l'écosystème de la Mer de Marmara qui pourrait s’appauvrir en oxygène. Bien que la Mer de Marmara et la Mer Noire soient reliées par le détroit du Bosphore, la création d’une nouvelle connexion bouleverserait la faune et la flore qui s'étaient habituées à la configuration actuelle et naturelle.

Autre point polémique : ce canal, qui sera payant, pourrait mettre en péril la fameuse Convention de Montreux, qui permet le libre passage entre les détroit du Bosphore, des Dardanelles (la Mer Egée) et la Mer Noire. La Convention prévoit une libre circulation et considère que la Mer Egée fait partie des eaux territoriales Turques. La Turquie a le contrôle de ces détroits mais elle ne peut en limiter l’accès en temps de paix. La Russie voit d’un très mauvais œil ce canal car il offrirait une facilité pour ses adversaires de l’OTAN à déployer des navires sur la mer Noire où le pays dispose d’une partie du littoral (dont la ville Olympique de Sotchi fait partie).

Du côté de la Turquie, en plus de la volonté de désengorger le détroit, c’est aussi la possibilité de renforcer une position commerciale sur la zone avec un canal payant qui pourrait devenir indispensable à terme pour le commerce international. Il permettrait au pays de bénéficier d’un sursaut économique non négligeable en lui conférant une opportunité de monter en puissance face à des géants tels que la Chine.

La première pierre posée, le projet est bel et bien en route. Le président turc insiste sur la sécurité de ses concitoyens ainsi que sur les avantages économiques d’une telle infrastructure, établie dans le respect le plus strict de l’écologie de la zone. Des voix s’élèvent à l’étranger, mais aussi au sein même de la Turquie, contre de projet. Les opposants craignent qu’il ne s’agisse d’une ruse pour violer la Convention de Montreux.


Le projet a donc démarré malgré les oppositions et contestations. Il faudra quelques années encore avant qu’il ne soit opérationnel. Les avantages économiques commencent cependant déjà à se faire sentir avec la construction de nombreux logements et villes nouvelles sur le trajet du canal. Néanmoins, avec un tel chantier mis en œuvre dans un climat géopolitique tendu, il est à parier que nous entendrons encore parler de cet ouvrage et de ses enjeux de nombreuses fois encore.

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