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La supply chain dans une tempête générale

C’est une véritable tempête logistique qui attaque la supply chain mondiale, sur des fronts multiples et pour des raisons totalement différentes. Crise économique, crise géopolitique, crise climatique, rien ne nous est épargné et tous les acteurs du secteur se triturent les méninges pour trouver des solutions afin de maintenir les trafics et éviter tout effondrement des chaînes de transport habituellement réglées comme des montres suisses.

2024 s’ouvre donc avec les mêmes maux que fin 2023, mais ce qui inquiète ce n’est pas que la crise persiste, c’est surtout comment la résorber ou tout du moins comment en minimiser les impacts.

Prenons le cas de ce qui se passe en Israël : nul ne pouvait s’attendre à ce que des partisans yéménites de la cause palestinienne attaquent les navires circulant par le golfe d’Aden, bloquant ainsi les entrées et sorties du canal de Suez. Une zone devenue dangereuse, où de nombreux navires se sont fait attaquer (CMA CGM Tage, Maersk Hangzhou, etc.), forçant les armateurs à rebrousser chemin et à contourner l’Afrique par le cap de Bonne Espérance, créant ainsi une hausse de trafic de près de 27% sur la zone. Si au départ les rebelles frappaient surtout les navires de la compagnie israélienne ZIM, très vite les attaques ont dérivé sur d’autres armateurs dont la marchandise n’était pas du tout destinée à l’État hébreu. Une incompréhension générale subie par les armateurs qui ont fait chuter de 41% le trafic transitant habituellement par le canal de Suez. Si une coalition militaire de 12 pays a été constituée pour sécuriser la zone, les actions se sont finalement faites discrètes et peu de navires se risquent à traverser le canal, même si la traversée se fait désormais sous escorte militaire.

Cette crise géopolitique a 4 conséquences majeures en Europe : une hausse des tarifs à prévoir, un allongement inexorable des délais, une congestion en vue sur les ports européens dont l’organisation a été chamboulée et, enfin, des retards probables d’approvisionnement en énergie et en matières qui pourraient entraîner des pénuries temporaires.

L’une des conséquences citées plus haut qui inquiète beaucoup est la hausse des taux de fret. Si la crise sanitaire avait créé une hausse spectaculaire des taux, suscitant de très nombreuses polémiques qui sont même devenues parfois de véritables enjeux politiques, ceux-ci étaient par la suite revenus à des niveaux plus en adéquation avec la réalité des coûts. Les modifications des feuilles de route ont à nouveau entraîné un retour à la hausse des taux de fret. Néanmoins, ces tarifs, bien qu’en deçà des taux de 2020, préoccupent les chargeurs qui les voient flamber de manière totalement imprévue, sans savoir si cette hausse va se stabiliser ou si elle va continuer son ascension.

Enfin, si la période est creuse en début d’année, et bien que les infrastructures portuaires tentent par tous les moyens de minimiser l’impact de cette crise logistique en vue, il est possible que des produits se retrouvent en pénurie dans les rayons au printemps. En effet, certaines compagnies ayant dû annuler des escales, cela signifie que le réacheminement des marchandises concernées par ces escales prendra du temps et cela pourra, en tout état de cause, décaler leur date de réception prévue. Une catastrophe pour certaines entreprises qui misent sur les beaux jours pour faire leurs chiffres après un hivernage forcée.

Côté Panama c’est un peu le même son de cloche. Certes, on ne décèle pas de problème majeur de sécurité, mais une redirection est effectuée vu que le canal est à sec et ne peut faire circuler les volumes habituels. Une situation inédite qui inquiète car le réchauffement climatique n’est pour l’instant pas près d’être endigué, ce qui signifie que les périodes de sécheresses vont continuer à se multiplier et mettre en péril l’infrastructure panaméenne. Une catastrophe économique pour le pays, qui fait l’aubaine de pays voisins proposant des alternatives ferroviaires et routières pour contrer les chamboulements logistiques sud-américains.

Le canal de Panama envisage de très nombreuses solutions pour ne plus avoir à subir les conséquences du réchauffement climatique, des solutions qui peuvent porter à polémique parfois et qui peuvent aussi mettre des années à être mises en place, et le temps c’est justement ce qui manque au canal pour se sortir de cette crise.

Enfin, on ne peut oublier la crise économique qui impacte durablement le trafic mondial et qui, à la vue de la conjoncture actuelle, risque de durer encore quelques temps et de créer de plus en plus d’irrégularités dans la consommation des foyers, ce qui aura pour conséquence directe de créer un déséquilibre entre l’offre et la demande.

Une situation complexe, mondiale et très imprévisible qui nous offre chaque semaine son lot de surprises que nous vous résumons régulièrement sur notre blog ou sur nos actualités afin de vous tenir informés le mieux possible de l’état de nos marchés.

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