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Écologie : Quelles solutions pour réduire la pollution dans le transport maritime ?

L’écologie est au centre de toutes les attentions. Si des associations luttent au quotidien, comme Wings of the ocean, pour dépolluer les océans et les littoraux, du côté des acteurs du transport maritime les choses bougent pour trouver des solutions afin de pallier les conséquences du changement climatique engendré par l’activité industrielle.

Les États s’engagent d’un côté, les grosses entreprises de l’autre, et de nombreuses structures jouent de la R&D pour trouver des solutions innovantes visant à réduire l’impact écologique de la supply chain mondiale.


Quel est l’impact actuel ?

On estime que le transport maritime représente environ 2.3% des émissions de CO2 dans le monde, pour plus de 90 000 navires en circulation. L’empreinte environnementale, elle, avec les augmentations de volumes actuelles est estimée à plus de 17% d’ici à 2050 si rien n’est fait, une proportion énorme pour un seul et même secteur.

L’impact est aussi puissant parce que les navires naviguent majoritairement au fioul lourd, très polluant. Si la pollution maritime liée aux carburants existe, il ne faut pas négliger aussi la pollution créée par les conteneurs perdus en mer, qui représentent un vrai danger et dont nous avions évoqué le sujet lors d’un article précédent.

Le transport maritime ne concerne pas que les marchandises. Sont inclus dans ces chiffres les navires de croisière toujours plus gros eux aussi et toujours très polluants. Des villes comme Marseille ont vu leurs taux de pollution exploser quand elles se sont ouvertes aux croisiéristes. Une des raisons qui a poussé la ville de Venise à interdire les accès aux navires de croisières toujours plus gigantesques était la destruction de la lagune et la mise en péril la ville entière, déjà instable de par sa situation géographique.

Selon les dernières études en date, la pollution de l’air due au transport maritime serait responsable de plus de 50 000 morts par an rien qu’en Europe. Et le nombre de containers perdus en mer dans le monde s’élèverait à 15 000 chaque année, un chiffre énorme.

La pollution de l’air n’est pas le seul impact environnemental. La circulation des navires eux-mêmes, les rejets d’eaux de ballast ou le dégazage entraîne de véritables cataclysmes environnementaux pour la faune et la flore marine. Les eaux de ballast, par exemple, quand elles sont rejetées en mer, constituent une menace car l’eau rejetée provient parfois d’une zone écologiquement totalement différente de là d’où elle est rejetée, entraînant le rejet massif de micro organismes exotiques et non adaptés. C’est ainsi que l’on découvre des espèces d’algues provenant d’autres zones du globe qui envahissent et étouffent littéralement des écosystèmes locaux. Les calanques de Marseille en sont un exemple probant.

Enfin, avec le volume de navires circulant en mer, nombreux sont les impacts avec les animaux sauvages, dont les baleines qui, 80% du temps, meurent lors de leur collision avec un navire. Tout récemment, des images ont choqué la toile : une baleine morte accrochée à la proue d’un navire à la suite d' une collision.

Le transport maritime croissant représente donc une menace pour l'écosystème. Tout du moins si nous continuons en ce sens. Les États et les acteurs ont été fortement interpellés pour agir et de nombreux engagements et innovations ont été mis au point récemment, l’occasion de faire un point.


Quelles solutions ?

On envisage de nombreuses solutions. Il faut au préalable rappeler que renouveler un parc de dizaines de milliers de navires s’avère être très compliqué. Il convient donc créer en premier lieu un impact à court terme sur les flottes existantes, puis faire en sorte que les nouvelles générations de navires soient non polluantes.

Le premier élément à modifier est l’utilisation du fioul lourd, employé majoritairement par tous les navires. Mettre du fioul de meilleure qualité permet déjà de réduire le rejet de particules. C’est une solution rapide à mettre en place qui peut avoir un premier effet nécessaire pour entamer une action concrète.

En dehors du fioul, on peut également prôner l’utilisation d’énergies telles que le GNL (Gaz Naturel Liquéfié). L’impact est plus important que la substitution du fioul lourd par un fioul de meilleure qualité. En 2019, l’armateur CMA CGM a mis à l’eau un premier porte-conteneurs de 23 000 EVP fonctionnant au GNL. Le premier d’une série de 9 navires du même volume et 5 autres plus petits (15 000 EVP). Le gaz a un réel intérêt, il permet une réduction de près de 99% des émissions de particules fines et d’oxydes de soufre, ainsi que 85% des oxydes d’azote et 25% du CO2. (Quelques croisiéristes ont eux aussi passé leurs nouveaux navires au GNL).

Concernant les structures portuaires, on reproche souvent aussi la pollution des navires à quai qui font augmenter la pollution des villes. Les infrastructures se sont donc mises à proposer des systèmes d’alimentation électrique afin qu’ils puissent couper leurs moteurs et s’alimenter en énergie directement sur le port. Marseille propose cela notamment pour les navires effectuant la liaison avec la Corse.

Enfin, citons d’autres mesures envisagées à court terme et, parfois appliquées, telles que les amendes dissuasives, le ralentissement de la vitesse de navigation de 10% (slow streaming) ou encore des taxes sur le fioul pour inciter à un renouvellement de flottes plus “vertes”.


Des innovations en développement

Beaucoup de sociétés se sont lancées dans la course à l’innovation. Les mesures sur le court terme et la réduction de l’impact des énergies fossiles sont un premier pas, mais il faut aussi penser au long terme, incluant la pénurie inéluctable des énergies fossiles.

Cela n’est plus un secret, les réserves de pétrole ont passé leur pic. On estime que d’ici à 2050 les ressources se seront raréfiées. Il convient donc de trouver des alternatives et qu’elles soient écologiquement compatibles. On commence à voir se multiplier les véhicules hybrides ou électriques (bien que le recyclage et la fabrication ont un indice carbone encore trop élevé), et concernant le transport maritime, l’électrique n’est guère envisageable étant donnés les volumes d’énergie nécessaire. Créer des navires pouvant accueillir plus de 20 000 EVP en 100% électrique est quelque chose d’inaccessible actuellement. En revanche, s’il y a bien une chose qui date des débuts de la navigation, c’est la propulsion par le vent.

Des projets de navigation à la voile sont actuellement en cours de développement. Citons Neoline ou encore Ocean Bird qui sont tous deux des projets de cargos à voile couplés à une propulsion au GNL en cas d’absence de vent. Des projets suivis et très sérieux qui sont à l’heure actuelle parmi les candidats les plus prometteurs pour le transport maritime de demain.


Il faudra encore toutefois de la patience pour voir venir des flottes de navires entièrement écologiques. Et cette transition inévitable aura des répercussions sur la supply chain dont les rotations devront également s’adapter sur de nouveaux modes de transports, tout comme les infrastructures portuaires. Cependant, le problème est pris au sérieux par de plus en plus d’acteurs du milieu qui voient aussi en cela la survie de leurs sociétés, au-delà du point de bascule où le pétrole sera une ressource épuisée.

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