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Le canal de Panama bientôt challengé ?

Les dernières semaines ont été éprouvantes pour le canal de Panama : le dérèglement climatique a un effet certain sur le fonctionnement des infrastructures de transport maritimes, comme ce fameux ouvrage centraméricain. La sécheresse pousse les autorités panaméennes à restreindre la circulation des navires faute de profondeur suffisante pour permettre aux navires, tels les Panamax, de naviguer avec un chargement plein. Les autorités n’ont pas encore de perspectives quant à la fin de ces restrictions, ce qui a encouragé d’autres pays à y voir l’opportunité de créer une alternative à cette infrastructure devenue indispensable dans le transport maritime contemporain.

Dans cette optique, le Mexique aménage actuellement un corridor interocéanique terrestre pour permettre au pays de concurrencer le canal de Panama. Un projet qui pose bien évidemment des questions sur le point de vue environnemental et sur les communautés locales quant au tracé de ce corridor. L’endroit choisi par le Mexique est l’isthme de Tehuantepec, un goulot d’étranglement de 300 km entre les deux océans.

Ce projet n’est bien sûr pas un second canal, un ouvrage colossal à réaliser et qui subirait les mêmes difficultés que l’infrastructure panaméenne. Ici, le projet consiste à remettre en activité le chemin de fer entre les ports de Coatzacoalcos côté Atlantique et le port de Salina Cruz côté Pacifique. L’objectif est de faire transiter jusqu’à 1,4 millions de boîtes d’ici à 2033 avec un premier objectif de 300 000 boîtes en 2028.

Le projet a tout d’abord été accueilli positivement, notamment grâce aux emplois générés par les travaux et qui sont estimés à près de 800 emplois directs et 2 400 indirects. Une aubaine pour la population locale qui pourra donc tirer parti de ces travaux, sans compter le fait que la voie ferrée pourra aussi accueillir des trains de passagers. Pourtant, le projet suscite aussi son lot de polémiques : outre l’impact environnemental avec la crainte d’une aggravation de la pollution et d’une dépopulation de la faune locale, beaucoup s’indignent du traitement imposé aux populations indigènes qui ont été expropriées et déplacées sans respect des normes internationales. Le projet semble avancer “quoiqu’il arrive” et il y a des témoignages sur une campagne d’intimidation des autorités ainsi que sur une présence accrue d’organisations criminelles se livrant à des expropriations forcées d’habitants dont les terres ont pris de la valeur. La spéculation entraîne donc une hausse des actes malveillants initiés par des organisations criminelles déjà bien actives sur le territoire mexicain et les militants contre le projet sont eux-mêmes victimes de violentes répressions par ces mêmes organisations criminelles (on recense déjà 3 homicides en lien direct avec ce projet).

Si cette infrastructure nouvelle semble avoir des avantages en termes de logistique et même s’il complète une offre panaméenne mise à mal par le réchauffement climatique, reste à voir si, en dépit des enjeux stratégiques et économiques que peut représenter ce corridor logistique mexicain, les principaux acteurs du marché utiliseront cette infrastructure en pleine conscience des polémiques environnementales et sociétales qu’elle produit.

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