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Crise de surcapacité en vue pour les armateurs ?

La crise sanitaire aura fait des heureux chez les armateurs qui ont su tirer leur épingle du jeu durant la crise logistique liée à celle de la COVID depuis 2020 en engrangeant de très confortables bénéfices. Lesquels bénéfices leur ont permis d’investir aussi bien dans la diversification de leurs activités que dans le renouvellement et la modernisation de leurs flottes.

Parmi ces investissements donc, le renouvellement des flottes avec des navires aux capacités toujours plus élevées et qui ont su remplir les carnets de commandes des chantiers navals chinois et coréens, tout en visant à une motorisation plus “verte”. Or, les premiers navires commencent à être livrés mais leur mise en service reste très en deçà de leur capacité de remplissage. Pire encore, leur seuil de rentabilité est loin d’atteint.

Il faut dire que la conjoncture a totalement affaibli les échanges extérieurs. De très nombreuses entreprises ont ralenti leurs activités après la crise sanitaire, d’autres ont carrément mis la clé sous la porte créant la stupeur parfois pour le grand public qui ne s’y attendait pas. La crise géopolitique opposant l’Ukraine à la Russie a ajouté une couche de problèmes à l’économie mondiale, notamment avec la hausse des prix de l’énergie et de certaines matières premières (y compris par effet spéculatif).

Si les armateurs ont vu la vie en rose entre 2021 et 2022, avec des résultats stratosphériques, beaucoup savaient que ces résultats n’étaient dû qu’au rattrapage des congestions logistiques liées à la COVID-19. L’emballement des prix était tel que les armateurs ont vu leurs chiffres monter en flèche pour finir sur des résultats inédits qui ont motivé de très nombreux investissements matériels et stratégiques.

La majorité des grands armateurs ont tablé sur le fait que l’économie mondiale allait reprendre rapidement à un rythme de croissance normalisé. C’était sans compter sur les multiples crises géopolitiques sur le vieux continent, le conflit commercial sino-américain ou encore la reprise de politiques 0-Covid en Chine. Tout ceci a ralenti considérablement l’économie et a plongé de très nombreux secteurs d’activité dans un attentisme dont nul ne peut prédire la fin.

Les entreprises misent sur la prudence, préférant déstocker d’un côté, produire plus localement d’un autre… Les stratégies changent, la trop forte dépendance à des zones telles que la Chine a servi de leçon à de nombreuses firmes et, chez les consommateurs finaux, les périodes de confinement ont modifié les façons de consommer, dessinant ainsi un tout nouveau paysage stratégique pour un grand nombre de produits habituellement importés en masse depuis l’Asie.

Trop plein de confiance ou bien stratégie anticipatrice sur le moyen et long terme ? Nul ne sait encore pour l’heure pourquoi exactement les armateurs ont multiplié les commandes de navires à très haute capacité. Toujours est-il que pour l’heure, les quelques navires déjà sortis de chantier affichent une rentabilité proche de zéro voire en dessous, le tout avec des tarifs de plus en plus bas qui n'aident en rien à rentabiliser la navigation de ces monstres marins.

Une course aux grands navires qui auraient dû faire office de feux d'artifice pour les armateurs et qui, finalement, prend des airs de pétard mouillé dans une conjoncture maussade qui semble bien amorcer une de ces périodes de surcapacité de transport dont le secteur a l’habitude à intervalles réguliers.

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