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Conflit israélo-palestinien, quel impact sur le transport maritime ?

Le conflit entre Israël et la Palestine est de retour sur la scène politique internationale. Régulièrement, les deux pays oscillent entre cessez-le-feu et attaques sporadiques couplées à des répliques régulières, un conflit qui dure et dont personne ne parvient à trouver une issue positive tant les situations héritées de la création de l’État hébreux sont complexes. Récemment, le Hamas a organisé une action coup de poing contre Israël, ce qui a engendré une puissante escalade du conflit dont les conséquences sont beaucoup plus importantes qu’à l'accoutumée.

Le transport maritime est un secteur sensible au moindre grain de sable dans sa chaîne, comme nous avons pu le voir au cours de nombreux articles passés. Sitôt qu’une tension apparaît au niveau géopolitique, la logistique internationale est immédiatement impactée. C’est ce qui s’est produit avec l’Ukraine dont les tensions ont redessiné une bonne partie des flux et ont eu un impact non négligeable sur tout un pan de l’économie mondiale.

Dans le cadre de la zone israélo-palestinienne, la proximité avec le canal de Suez, mais également avec le détroit d’Ormuz, inquiète les acteurs de la supply chain. En effet, ces deux goulets sont très sensibles aux conflits et autres incidents majeurs. Rappelons-nous notamment du Ever Given qui avait bloqué le canal de Suez entraînant une crise logistique conséquente. Idem pour le détroit d’Ormuz, qui est un goulet d’étranglement bien connu et très sensible, ce qui rend cette zone très vulnérable à la moindre tension. Il est à craindre donc des ralentissements dans les approvisionnements mais aussi et surtout des hausses de taux de fret.

Le front qui se dessine entre Israël et la Palestine est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Outre deux entités qui s’affrontent, l’impact géopolitique est immense et peut embraser à tout moment l’ensemble du Proche Orient et du Moyen Orient. Ici, le principal flux de marchandises concerné par ce point de tension est celui de l’énergie, déjà impacté économiquement par la Russie et la Chine qui ont verrouillé leur offre jusqu’à la fin de l’année pour soutenir l’ensemble des cours mondiaux, comme le détaillent nos confrères du Journal de la Marine Marchande. Les exportations de gaz sont actuellement menacées par le conflit, sachant qu'Israël exporte beaucoup vers l’Egypte et la Jordanie grâce à 3 gisements. Citons notamment la société américaine Chevron, qui possède des parts et exploite la plateforme gazière de Tamar au large d’Ashdod et qui a dû cesser ses opérations sur ordre du ministère israélien de l’énergie. Ce n’est pas une première pour Chevron qui a vu plusieurs fois son exploitation mise à l’arrêt temporairement par les autorités. C’est une situation qui impacte non seulement la firme américaine mais également d’autres firmes et des pays tels que l’Egypte qui utilisent ce gaz pour exporter ensuite du GNL vers l’Europe. Il est donc facile de prévoir sur un impact sur le prix du GNL en Europe, bien que pour l’heure, celui-ci reste stable.

De nombreux ports sont donc désormais sous tension maximale et les flux sont devenus très difficiles à gérer pour les différents acteurs du transport. En Israel, Ashdod situé à 50km de Gaza, et Ashkelon situé lui, à 15km de Gaza sont particulièrement en alerte car très exposés aux moindres attaques provenant du front palestinien. Il faut savoir qu’Ashkelon est le port où transitent 85% des importations de brut du pays et les autorités ont décidé de le fermer, à l'exception de quelques accostages au cas par cas.

Bien qu’en alerte, les autres ports, dont Ashdod, font pour le moment état d’un fonctionnement proche de la normale, comme l’évoquent les notes transmises de nombreux armateurs à leurs clients. Seuls les flux aériens sont perturbés par les quelques annulations de vol, mais cette situation pourrait bientôt toucher le reste des transports du pays. Bien que pour le moment les choses tournent normalement, certains armateurs, dont l’armateur israelien ZIM Line n’ont pas hésité à appliquer une taxe de guerre sans pour autant cesser ses opérations.

Outre l’impact sur les transits, il y a un impact économique qui se dessine pour les chargeurs. ZIM est pour le moment le seul à imposer une taxe de guerre, mais d’autres risquent de suivre sachant que les compagnies d’assurance imposent désormais une prime de guerre aux navires passant par cette zone sensible qu’est Israël. Une prime que les armateurs devront sans nul doute répercuter sur leurs tarifs tout en sachant que si les ports fonctionnent normalement, les tensions peuvent faire changer la donne du jour au lendemain. Les acteurs locaux ainsi que leurs homologues en charge de ces zones sont sur le qui vive et la situation évolue de jour en jour.

Pour ce qui est du fret de conteneurs, l’impact reste toutefois limité car la zone est plus concernée par le transport d’énergie que par le transport de boîtes. De plus, il reste relativement aisé pour les armateurs de modifier les tracés pour éviter ces zones sensibles. Israël exporte beaucoup de produits high-tech, il risque d’y avoir un impact sur les stocks de ses principaux importateurs mais les conséquences restent limitées à ce stade.

Enfin, il est à souligner que ce conflit complexifie le fonctionnement de plusieurs grandes infrastructures et certains grands projets économiques car Israël est un élément clé du corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC). Même si l’IMEC en est encore à un stade embryonnaire, il n’en est pas moins que si le conflit dure, il risque de ralentir considérablement la mise en place de ce fameux corridor économique.

Comme on a pu le voir dans le passé, le conflit israélo-palestinien peut avoir un impact majeur sur la géopolitique mondiale. Les enjeux stratégiques, politiques et idéologiques peuvent très rapidement embraser des zones entières qui peuvent entrer en conflit entre elles. Ces fortes tensions pourraient avoir un impact majeur sur toute l’économie mondiale et donc sur la chaîne d’approvisionnent qui est intrinsèquement sensible aux conflits géopolitiques et autres incidents majeurs. Pour l’heure, le conflit semble parti pour durer. Il est donc important de surveiller étroitement cette situation et les impacts qu’elle peut avoir en vue d’anticiper au mieux les échanges et réduire les impacts économiques.

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